Thursday, 23 June 2016 12:38

CÔTE D'IVOIRE : Violence en milieu scolaire - 207600 élèves victimes d'agressions sexuelles de la part des enseignants

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20 juin 2016 – Les violences en milieu scolaire en Côte d'Ivoire deviennent de plus en plus préoccupantes. Et les statistiques sont alarmantes. Plus de deux élèves sur cinq sont quotidiennement victimes de violences physiques dans la sphère scolaire.

Soit 1,776 million d'élèves victimes de harcèlements ou agressions physiques répétées. Un élève sur dix dans le primaire et plus d'un élève sur cinq dans le secondaire ne se sentent pas en sécurité à l'école.

Soit plus de 317.000 élèves du primaire et 264.000 du secondaire. Quatre élèves sur dix sont victimes de harcèlements sexuels et près de deux sur dix ont déjà été victimes de viols.

On enregistre également plus d'un élève sur dix victime de harcèlements sexuels de la part d'un enseignant quand plus d'un élève sur six a déjà été victime d'agression sexuelle ou viol de la part d'un enseignant.

C'est ce qui ressort d'une étude conduite par le ministère de l'Éducation nationale (Men), mais rendue publique par l'Organisation des Nations Unies pour l'Enfance (Unicef) jeudi dernier.

Ce, à l'occasion de la commémoration de la journée de l'enfant africain. Cette étude est intitulée « Étude sur le bien-être et la sécurité des élèves dans les écoles de Côte d'Ivoire ».

L'agence onusienne a profité de cette occasion pour rappeler à toute la communauté que l'école doit être un endroit sûr, protecteur et favorable au bien-être et au développement de l'enfant. L'engagement du ministère de l'Éducation nationale.

La représentante résidente par intérim de l'Unicef en Côte d'Ivoire, Christina Bruin, a expliqué que la violence en milieu scolaire n'est pas un problème strictement confiné aux écoles, il s'agit plutôt d'un problème complexe et multiforme.

« Elle prend place dans les communautés et au niveau des familles elles-mêmes. Elle est parfois tolérée sous couvert de normes sociales », a-t-elle déclaré.

En effet, neuf parents sur dix ont admis avoir recouru à la violence verbale (94%) et un parent sur deux à de la violence physique (59%) pour discipliner leur enfant selon cette étude sur le bien-être et la sécurité des élèves.

Elle a signifié que la violence peut avoir de lourdes conséquences sur la santé ainsi que des répercussions psychologiques à long terme sur l'enfant.

« Le fait d'être victime ou simplement menacé de violence entraîne aussi une performance scolaire médiocre, une fréquentation irrégulière, l'abandon des études, l'absentéisme et une faible estime de soi » a fait remarquer la représentante de l'Unicef.

Relevant le fait que lorsque la violence est tolérée et cautionnée à l'école, les conséquences sur le développement de l'enfant prennent de l'ampleur. Les victimes, selon elle, hésitent à prendre des mesures et les auteurs peuvent se sentir à l'abri.

Ces sentiments et comportements néfastes dépassent le cadre scolaire et contribuent à la perpétuation des inégalités et à l'amplification de la violence au sein de la société.

Cette étude a également montré que près d'un élève sur quatre (38%), filles comme garçons, a déjà été victime de harcèlement sexuel à l'école, en particulier dans les établissements d'enseignement secondaire.

Plus d'un élève sur dix (11,7%) a été victime d'attouchements forcés, soit 320 000 élèves victimes. Et près d'un élève sur cinq (18%) a été victime de viols, soit près de 470.000 élèves victimes.

Au total, 775 000 élèves du primaire et du secondaire sont victimes d'attouchements forcés ou de viols.

Un élève sur dix est victime de harcèlement sexuel de la part des enseignants, et plus d'un sur six a déjà été victimes d'agressions sexuelles / viols de la part d'un enseignant (soit 207.600).

En tout cas, la ministre de l'Éducation nationale, Kandia Camara, s'est engagée à y mettre fin et à sanctionner sévèrement tout enseignant auteur et toute personne qui s'abstient de signaler de tels abus.

Un code de conduite pour l'ensemble du personnel a été promulgué par la ministre Kandia en décembre 2014.

Ce, dans le but de prévenir, détecter et sanctionner les comportements abusifs ou dangereux pour les enfants.

Ce code est actuellement disséminé dans le cadre d'une campagne de protection des élèves contre la violence, doit être connu de tous, personnels, parents, élèves et strictement appliqué.

L'Unicef salue les engagements forts du ministère de l'Éducation nationale qui a adopté une note d'orientation de politique dans ce domaine et le Code de conduite du personnel ; mis en place un groupe interne de coordination sur la protection des élèves (GTPE), ainsi qu'un système de suivi et de collecte de données sur la violence et les abus affectant les élèves, et lancé une campagne nationale sur la protection des élèves contre la violence. «

Nous sommes profondément engagés à ce que chaque enfant, quel qu'il soit, ait une éducation de qualité, sûre et centrée sur les droits.

Avec cela à l'esprit, nous nous sommes efforcés de créer un modèle éducatif complet, à facette multiple et dynamique afin d'aider les écoles à produire un environnement sûr, sain et protecteur qui répond aux besoins spécifiques des enfants », a signifié Christina De Bruin.

Par Anzoumana Cissé
Source : Le Patriote (AllAfrica.com)

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