Tuesday, 27 December 2016 12:22

Afrique : RAPPORT – Situation des enfants : L’Afrique néglige ses enfants

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20 décembre 2016 - L’Afrique est-elle bienveillante envers ses enfants ? La question mérite d’être posée si l’on sait qu’en 2016, les enfants manquent presque de tout. La plupart ne sont pas scolarisés, et font face à un manque d’accès à l’eau potable, aux services sociaux de base notamment l’éducation, et aux soins de santé. Une grande partie d’entre eux n’est pas enregistrée à la naissance, selon le rapport de l’African Child Policy Forum (ACPF) présenté hier.

La situation des enfants en Afrique préoccupe sérieusement l’Observatoire international de la démocratie et de la gestion des crises et conflits (OIDEC) et l’African Child Policy Forum (ACPF). Le rapport africain sur le bienêtre des enfants 2016, présenté hier, par ces deux organisations révèle une exclusion des enfants africains des services de base. Ainsi, informe le rapport, 34 millions d’enfants dans le continent ne sont pas scolarisés et sont peu susceptibles de l’être un jour. Le directeur exécutif de ACPF, Théophane Nikyèma, présentant le rapport, ajoute que 58 millions d’enfants de moins de cinq ans ne sont pas enregistrés à l’état civil. « Ainsi de nombreux enfants sont laissés sans preuve légale de leur existence », a-t-il commenté. À ces maux, il faut y ajouter les 17% d’enfants non vaccinés contre la rougeole, les filles qui sont à la traîne dans l’accès à l’éducation en particulier au niveau secondaire, aussi des milliers d’enfants victimes d’abus physiques, émotionnels et sexuels, d’exploitation sans aucun système fonctionnel de protection de l’enfant ni aucun accès à des services psychosociaux et juridiques. Des privations multiples qui inquiètent les acteurs quand on sait que l’Afrique compte un demi-milliard d’enfants. Pour l’ACPF, cette situation est inacceptable après 25 années d’intervention visant à réaliser les droits de l’enfant.

58 millions d’enfants de moins de 5 ans non déclarés à l’État civil

Cherchant les causes de ces problèmes soulignés, le rapport indique que celles-ci résultent d’un déficit cumulatif dans la mise en œuvre et un écart qui se creuse entre les politiques mises en place pour les enfants et la pratique. Le rapport souligne que les institutions publiques chargées des affaires des enfants sont marginalisées et manquent d’autorité et des ressources nécessaires pour lancer et mettre en œuvre les programmes, qui les ciblent.
Le Sénégal n’échappe pas à cette règle malgré quelques avancées notées notamment dans la lutte contre la mortalité infanto juvénile, il doit fournir des efforts. « Il est largement en deçà (7, 6%) des 15% de budget alloués à la santé recommandés. En ce qui concerne l’éducation, également le Sénégal n’a pas encore atteint l’objectif de Dakar fixé à 9% de dépenses en Pib consacrées à l’éducation. Notre pays est à seulement 5,6% », souligne le rapport. Le Premier ministre, venu présider la rencontre, a rassuré les membres de l’observatoire et de l’ACPF. Il a réitéré les engagements de son gouvernement à promouvoir les droits des enfants. Il a aussi invoqué l‘instauration des bourses de sécurité familiale qui ont pour but de faire vacciner les enfants et de les scolariser. Boun Abdallah Dionne a rappelé le taux net de scolarisation estimé à 75% avant d’annoncer un programme, qui va prendre en charge les filles déscolarisées et non scolarisées.

240 millions de dollars dépensés en voyage,…

L’étude a aussi touché un point important notamment la redevabilité quant à l’utilisation des fonds publics. « En seulement deux ans (entre 2013 et 2015), un total de 160 millions de dollars américains ont été dépensés en voyage d’affaires par des responsables gouvernementaux.
Les billets d’avion ont coûté 30 millions de dollars américains à eux seuls et le paiement d’indemnités journalières a atteint les 50 millions de dollars américains », révèle le rapport. Autant de défis qui freinent les structures de coordination et de mise en œuvre des droits de l’enfant sur le continent. L’ACPF a appelé les États à mettre en œuvre des actions prioritaires, à prendre des mesures concrètes pour renforcer les capacités des organes gouvernementaux mais aussi à améliorer l’implication des enfants dans la mise en œuvre de leurs droits.
 
Par Lequotidien - This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Source : www.lequotidien.sn

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